L’épreuve (2)

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« Alors, dites-moi ce qui vous amène. »

Le docteur est assis en face de moi, derrière son bureau. Ce n’est pas mon médecin habituel, qui n’avait plus de place dans son planning, c’est son collègue, que j’ai déjà vu quelques fois. Il est jeune, très doux et souriant, je me sens en confiance avec lui.

« Je pense que j’ai une gastro.
– Ah oui ? Dites-moi pourquoi.
– Je ne garde rien. Je mange peu et dès que je mange ça ressort. J’ai comme un parpaing dans l’estomac en permanence. J’ai des vertiges et je me sens faible.
– Vous n’avez pourtant pas l’air déshydratée.
– Oui, car je bois beaucoup, j’ai toujours une bouteille d’eau dans mon sac.
– C’est une très bonne chose. Venez à côté, je vais prendre votre tension et vous ausculter. »

Nous passons derrière le paravent. Il installe ses appareils et me demande depuis combien de temps je ressens ces symptômes. Je réponds que cela fait 3 jours que ça s’est aggravé ; mais que, globalement, ça fait 4 mois que je ne suis pas en forme. Il me demande si j’ai une idée de la raison. Je lui explique que je suis en cours de séparation et que c’est une situation très difficile à vivre. Je sens les larmes monter, j’essaie de les ravaler. Il me dit qu’il est désolé et me demande si je suis bien entourée. Je lui réponds que je vois une psy, et que nous voyons une psy de couple mais que nous allons arrêter car elle ne nous apporte rien. Que ça fait 4 mois et demi qu’on sort les rames pour essayer de sauver ce qu’on peut sauver mais que nous n’y arrivons pas.

Ma tension est correcte et mon ventre est douloureux. Il me demande de me peser, avec habits et chaussures. Il note mon poids et regarde sur son ordinateur : « Ah oui, ça fait quand même 10 kilos de moins. Vous dormez comment, en ce moment ?
– Très mal et très peu.
– Je vois que vous avez pris du Stresam il y a quelques mois. Vous en prenez encore ?
– Non, pas du tout, je n’en ai pas besoin, ça va, je gère.
– D’accord. Vous n’avez pas d’envies suicidaires ?
– Non, pas du tout. Ca va aller, c’est juste un mauvais moment à passer. »

Nous parlons ensuite de mon travail, et surtout de mon activité artisanale qui semble beaucoup l’intéresser.

Il m’a arrêté une journée.

En revenant chez moi, j’ai repris du Stresam.

Le bulldozer est en marche mais je vais survivre, tout le monde va survivre, même si pour l’instant c’est l’enfer.

 


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