Le temps du renouveau

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Voilà, je regarde le monde que j’ai construit pendant 9 ans, MON monde.

Dans mon monde, il y a mon conjoint, William. Un homme parfait, ou presque, mais dont les défauts ne me déplaisent pas. William est un conjoint aux petits soins. Il est l’infirmier de la maison, le comptable (il gère le budget, les factures),  l’amant (et quel amant…), mon meilleur ami (on rit beaucoup, on pratique le même sport, on partage les mêmes amis). Il est solide, posé, ancré au sol, gentil. Il est là quand j’ai besoin de lui, c’est un roc, nous avons traversé des épreuves grâce à notre soutien mutuel ; en particulier la conception compliquée de notre fille et ses nuits souvent blanches depuis presque 2 ans.

Dans mon monde, il y a également 2 enfants : Robin, 6 ans, un enfant précoce tellement attachant, mon petit amour, celui qui m’a fait découvrir la parentalité, la chair de ma chair,  un enfant qui se passionne pour l’univers et les insectes, qui dort avec son porte-clefs doudou licorne, qui veut toujours êtres astronaute mais aussi coiffeur et maire. Un enfant aussi calme que vivant, qui dessine petit à petit sa personnalité avec toutes ses caractéristiques qui lui sont propres et qui lui appartiennent. Ainsi que Juliette, bientôt 2 ans, qui a fait une entrée fraccassante dans notre vie, à l’image de mon accouchement express, et qui prend une place énorme, avec ses cris diurnes et nocturnes, ses gestes brutaux, ses colères ; mais aussi son indépendance, ses grimaces, son souhait de faire les choses comme son frère même si elle est trop petite, ses rires rares mais précieux, son amour de l’eau, de la musique, son petit corps tout doux de grand bébé, son nez retroussé qu’elle tient de son arrière-grand-mère paternelle et ses câlins furtifs mais appuyés.

Dans mon monde, il y a aussi une maison, des murs et un toit qui abritent un foyer. D’abord des plans dessinés sur un papier, qui sont devenus réalité après 9 mois de travaux il y a 6 ans. Une maison presque parfaite, lumineuse, moderne, qui a vu les premiers pas de nos enfants et un jardin qui accueille les nombreux barbecues avec nos nombreux amis et leurs nombreux enfants. Une belle propriété de 2000m2 entrenue avec soin par William, un potager qui nous fournit en légumes, des roses dont j’aime m’occuper et qui fleurissent l’avant de la maison. Un espace calme et ensoleillé avec vue sur la forêt, sans vis-à-vis, dans lequel nous aimerions, plus tard, faire creuser une piscine. En attendant, nous agrandissons la maison, avec une suite parentale et un atelier pour mon activité de couture, parce que c’était prévu au départ mais nous n’avions pas les finances, et que nous serons plus à l’aise avec une chambre supplémentaire.

Dans mon monde, il y a également un travail, que j’occupe depuis 9 ans, dans lequel je végète, que j’ai du mal à supporter. Je fais un bilan de compétences actuellement, qui me permet d’avoir une vision extérieure de moi-même. J’y apprends beaucoup de choses, par exemple que j’ai acquis de nouvelles compétences avec mon activité de couture (conception de produits, comptabilité…) que je peux valoriser dans le cadre de la recherche d’un nouvel emploi. Egalement, que je peux prétendre à des postes encore élevés que celui que j’occupe actuellement (et pourtant, je suis déjà cadre avec encadrement de 2 personnes également cadres), des postes de direction, quel que soit le domaine, étant donné mes compétences en management et gestion de projets, je saurai m’adapter. Enfin, que je suis intellectuellement brillante, ce sont les tests qui le disent, à tel point que la consultante m’a dit n’avoir jamais vu un résultat pareil, j’ai quasiment la note maximale qu’il est possible d’avoir. Je ne dis pas ça pour me mettre en avant, c’est un fait, c’est écrit noir sur blanc.

Tout cela, c’est mon monde.

Mais mon monde est sur le point de changer.

J’ai une furieuse envie de m’enfuir, de sortir des sentiers battus et de vivre pleinement. Mon monde est beau, mon monde est construit, mais mon monde est figé. William veut vieillir dans cette maison ; moi, j’aimerais en acheter ou en faire construire une autre. William veut qu’on reste dans la région toute notre vie ; moi, j’ai envie de découvrir d’autres endroits et, pourquoi pas, de m’installer en Bretagne, région de mon sang et de mon coeur. Je me prends même à rêver de découvrir un autre William, de me laisser découvrir, de vivre une histoire intense et passionnée avec quelqu’un de nouveau. De me réveiller à ses côtés chaque matin avec des papillons dans le ventre, et que ça dure le temps que ça dure, même si ce n’est que 6 mois, même si on ne vit pas ensemble, même si on ne se projette pas à des années futures. Etre bien là, maintenant, tout suite, vivre, décider, bouger, changer, ne rien regretter.

Je voudrais un autre monde avec une autre personne.

Et, bien sûr, mes enfants que j’aime comme la prunelle de mes yeux. Même si c’est une semaine sur deux et que, une semaine sur deux, mon cœur sera déchiré par le manque de la chair de ma chair.

 

Article écrit dans le cadre d’un rendez-vous entre bloggeuses sur le thème « Le temps du renouveau » :

10dumois les thèmes de 2019

Une réflexion sur “Le temps du renouveau

  1. Premierment, pardonnes mes fautes grammaticales , je suis en train d’apprendre le Francais. Je suis très contente apres avoir lu votre article parce que moi aussi , je ressens les meme idées. Mais parfois je me sens culpable por avoir ces types des idées, mais c’est normale n’est ce pas?

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