Le jour où j’ai eu les résultats du test de QI de mon fils

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Voilà, nous sommes fixés.

Robin a développé un dégoût de l’école et ne voulait plus y aller. En creusant, nous nous sommes aperçus qu’il trouvait que « c’était toujours pareil » et que quand il avait fini les ateliers, « il en inventait d’autres dans [sa] tête« . Un enfant de 4 ans et demi qui ne veut plus aller à l’école, cela m’interpelle.

Robin sait lire (des pages entières de livres) et écrire (actuellement il s’entraîne en attaché). Je passe sur le reste de ses connaissances car l’article serait trop long et peu intéressant.

J’en ai parlé à la maîtresse, qui en a parlé à la directrice, qui m’a reçu et a souhaité lui faire passer des test afin d’envisager un éventuel saut de classe de la moyenne section vers le CP.

 

La psychologue a souhaité nous voir pour nous donner les conclusions du test, sans Robin, sans sa maîtresse, dans un premier temps.

Nous étions tous les trois à l’école de Robin, notre fils de 5 ans scolarisé en moyenne section de maternelle, assis autour d’une table ronde : la psychologue, jeune femme aux lunettes sévères qui contrastaient avec son sourire ; William, mon conjoint, tendu, et moi, qui appréhendais un peu également.

La psychologue nous a parlé, longtemps, a répondu à nos questions. J’ai trouvé qu’elle avait très bien cerné Robin, au cours des deux rendez-vous qu’elle avait fait avec lui. Le test qu’elle lui a fait passer (WPPSI IV) semble bien adapté à son âge et complet. Elle nous a parlé de sa mémoire, de sa représentation dans l’espace, de sa logique, de sa capacité de concentration, de sa motricité fine, de son comportement face à un échec. En réalité, le test est un support pour se faire une idée de ses capacités dans différents domaines ; les résultats en soi ne sont pas ce qui importe le plus.

Sans surprises, il excelle dans chaque domaine. Robin présente une intelligence homogène très supérieure à la moyenne constatée pour sa tranche d’âge. Je ne vous donnerai pas son chiffre, qui ne veut rien dire en soi, mais il est juste en-dessous de « Haut Potentiel ». Et ça, c’est une excellente nouvelle : il est « juste » très intelligent. La psychologue nous a expliqué qu’à quelques points près, on peut considérer qu’il est similaire aux HP ; mais soyons précis, s’il y a une limite ce n’est pas pour rien, et la limite, il ne l’atteint pas.

D’après la psychologue, son côté « scolaire » lui permettra un parcours plutôt aisé sans difficultés majeures. En effet, répondre à une consigne et l’appliquer à la lettre est sa plus grande joie dans la vie.

En conclusion, il a les capacités et connaissances pour aller directement en CP – il a même les acquis de fin de CP, apparemment – mais il ne veut pas, donc nous suivrons son souhait de poursuivre en grande section l’année prochaine.

La psychologue a ensuite convié la maîtresse de Robin ainsi que la directrice de l’école pour leur faire part des conclusions, en notre présence. Elle a demandé que, l’année prochaine, dans la mesure du possible, Robin soit dans une classe où l’institutrice prenne en compte ses besoins et le sollicite de manière adaptée. Elle a ajouté que la question du saut de classe se poserait sûrement d’ici 1 an ou 2 et qu’il faudrait envisager des passerelles entre les niveaux. La directrice a bien compris la demande ; sa maîtresse actuelle, qui sera aussi son institutrice l’année prochaine car elle s’occupe des moyennes et grandes sections, ne veut pas faire d' »entre-deux ». Soit Robin suit le cours normal, avec éventuellement quelques exercices en plus, soit il saute une classe. Elle ne mettra pas en place de navettes entre 2 niveaux pour un seul élève.

J’ai précisé avoir bien conscience des contraintes de l’école d’aujourd’hui : classes surchargées et manque de moyens. La psychologue m’a répondu que c’était le travail des instituteurs de faire en sorte que les enfants ne se trouvent pas en situation d’échec. La directrice a acquiescé.

Nous sommes sortis de ce rendez-vous soulagés, avec le poids des « Hauts potentiels » en moins. Pourquoi ? Car les livres que j’avais feuilletés rapidement traitent tous des problèmes que cela peut engendrer (décalage avec les autres enfants, problèmes d’intégration sociale et scolaire, sensibilité exacerbé, sentiment d’être « différent »…) Même si, bien sûr, nous aurions fait avec, si ça avait été le cas.

Nous avons beaucoup discuté avec William. Nous sommes arrivés à une conclusion : pour son bien-être, principalement en raison de l’attitude de son institutrice et du retard de prise en charge des spécificités de Robin (il a fallu qu’on l’alerte sur son ennui à l’école pour qu’elle en parle à la directrice qui a alerté la psychologue, alors que nous aurions pu nous éviter tout cela si elle avait proposé un suivi adapté dès octobre), nous allons le changer d’école. C’est une option que nous envisageons depuis plusieurs mois, et ce rendez-vous confirme notre souhait.

 

 

J’espère n’offenser personne : personnes HP, parents d’enfants HP, instituteurs, directeurs, psychologues… J’ai essayé de retranscrire au mieux mon ressenti, sans vouloir juger qui que ce soit.

Un excellent blog sur le sujet des enfants HP : http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/


4 réflexions sur “Le jour où j’ai eu les résultats du test de QI de mon fils

  1. Il est bien écrit ton article 😊 Et je te comprends concernant ta propre réflexion sur les HP. J’espère que l’année prochaine Robin aura une institutrice ou instituteur qui saura appréhender ce petit garçon aux grandes capacités. HP ou pas, il ‘y a pas à dire …..c’est souvent l’instituteur/ institutrice qui donne le « ton » de l’année 😉 Ici je prie , croise tous mes doigts de pieds pour une bonne année l’année prochaine.

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  2. Bonjour, j’ai découvert ton blog récemment et me suis mise à le lire frénétiquement.
    Je suis enseignante de CP et entendre des collègues ne pas prendre en compte les particularités de CHAQUE enfant ça me met hors de moi. Comment peut-on tenir ce genre de propos à des parents? Il faut laisser chaque enfant grandir à son rythme quelque qu’il soit. J’explique régulièrement que les apprentissages sont comme un escalier et chaque enfant est sur une marche et notre travail c’est de les aider à gravir les marches qu’elles soient grandes ou petites et peu importe le nombre de marche à la fin de l’année, chacun a grandi et évolué. C’est ma conception de l’enseignement, au moins essayer, tenter un changement Entendre un enfant de 4 ans et demi ne plus vouloir aller à l’école me fait mal… j’espère que ce petit bonhomme va mieux dans sa nouvelle école.

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    1. Merci pour ce commentaire et bravo pour cette volonté d’individualiser chaque enfant 🙂 Oui il est ravi de sa nouvelle école et de sa classe. Il s’est fait plein de nouveaux amis et ses résultats scolaires sont toujours au plafond, top du top. Il se serait beaucoup ennuyé en grande section de maternelle. Il va à l’école avec plaisir et c’est ça qui compte 🙂

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