Le jour où j’ai décidé que je ne serai pas minimaliste

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Être minimaliste, c’est ne garder que le nécessaire, quelques objets matériels, pour laisser place à l’essentiel, c’est à dire une liberté d’esprit, de temps, de moyens, pour le principal : soi-même, sa famille, ses passions… Et se libérer de l’emprise de la société de consommation. Concrètement, cela signifie, entre autres :

  • faire un tri dans les placards, armoires… trier, jeter, donner.
  • Ranger dans un carton les objets qui ne servent pas au quotidien, et si le carton n’a pas été ouvert 6 mois plus tard, le jeter sans regarder dedans.
  • Conserver plutôt une photo d’un objet sentimental, que l’objet lui-même.
  • Jeter ou donner un objet pour tout nouvel objet qui entre dans la maison.
  • Vendre ou donner les livres non lus depuis des années.
  • Préférer peu d’objets qualitatifs, plutôt que beaucoup d’objets sans valeur.
  • Demander à l’entourage de ne pas offrir de cadeaux matériels, mais plutôt immatériels, en particulier pour les enfants (balade dans les bois, temps partagé, séance de cinéma, visite au zoo…)
  • Ne conserver que quelques jouets des enfants qui tiennent dans une malle, et un seul exemplaire de chaque. 1 puzzle, 1 jeu de cubes, 1 poupée…
  • Avoir uniquement des indispensables dans sa garde-robe : 2 pantalons, 2 pulls, 1 robe. Même chose pour les enfants.

Si, sur le principe, ça sonne bien, dans la réalité ma famille et moi ne le serons jamais, et je vais vous dire pourquoi.

  • Acheter des objets reste un plaisir, non pas pour le principe d’obtenir mais pour le moment passé à la recherche. Personnellement, j’aime beaucoup flâner dans les vide-greniers, avec ma petite liste à la main : pantalons 18 mois, puzzles 5 ans et plus… J’essaie de ne pas en dévier mais je m’autorise quelques extras, comme des livres pour les enfants ou un jeu de société pour nous, même si ce n’était pas prévu. Au retour, Robin est heureux de fouiller dans mon sac pour voir les trouvailles du jour. J’aime aussi flâner dans les magasins de babioles type Foire fouille, Action, avec un but en tête. Parfois, je n’achète rien, mais lorsque je trouve ce que je cherche, comme, par exemple, une louche en plastique ou un coussin vert, je suis contente. J’aime aussi regarder sur Amazon lorsque j’ai besoin de chaussons en cuir pour les enfants, ou d’un chargeur pour le téléphone. Je trouve cela très pratique et ce n’est pas une corvée, au contraire. Lorsque j’achète quelque chose, je ne veux pas penser qu’il faut, à la place, jeter quelque chose, car les 2 actions sont dissociées, dans ma tête. Le jour où je veux trier, je le fais, cela n’a rien à voir.

 

  • La joie de mes enfants est sans égale lorsqu’ils reçoivent un cadeau matériel. Juliette est trop petite mais Robin connait l’importance de ce symbole : un cadeau, c’est quelqu’un qui a pris du temps pour le choisir en pensant à lui, qui l’a emballé, transporté, offert, et rien que pour cela, c’est toujours une grande joie. Je le lui explique depuis tout petit et il l’a bien compris. À aucun moment il n’est blasé de ce qu’il reçoit. Il aime aussi offrir des cadeaux à sa hauteur, comme un dessin, par exemple. Je suis également favorable aux cadeaux immatériels, bien sûr. Mais je trouve cela égoïste de priver la personne qui offre et l’enfant de la joie de déballer un objet. Les deux peuvent aller de pair : un livre à noël, et une balade à la mer en avril. Tout est dans la mesure. Par exemple, à noël, pour compenser les cadeaux un peu nombreux que les parents de William offrent aux enfants chaque année, nous avons offert une « boîte à moments partagés », avec plein d’idées d’activités à faire en famille.

 

  • Les enfants aiment la diversité et le renouveau. Les journées d’hiver sont parfois longues. Robin est aux anges lorsque je ressors des jouets un peu « oubliés« , jouets que je n’aurais plus si je les avais vendus ou donnés, même s’ils sont dans un carton durant 6 mois chaque année.

 

  • En ce qui concerne mes vêtements, j’aime avoir le choix et m’adapter à la saison et à la situation : au travail, à la maison, été, hiver, manteau chaud, veste légère, chaussures à talons, basket, tongs… Certes, mon armoire est pleine, mais je ne suis pas obligée de faire une lessive tous les jours et je peux changer de tenue régulièrement. Cela m’apporte satisfaction de ne pas me voir avec les quelques même vêtements tous les 4 jours. Je fais assez rarement les magasins, pas tous les mois, c’est une certitude. Mais lorsque je les fais, j’ai au préalable une liste de ce qui me « manque » ou dont j’ai envie et j’essaie de ne pas en dévier. J’y arrive assez facilement. J’arrive aussi à trier ce qui est trop petit ou trop usé, et je les vends à mes amies ou je les donne au Relais. Mais mon armoire est toujours aussi remplie, au final, mais ça me convient.

 

  • J’aime la praticité d’avoir sous la main des objets lorsque j’en ai besoin, même si c’est deux fois dans l’année. Par exemple, nous nous servons peu de la machine à pain et nous n’écoutons pas les vynils tous les jours ; mais lorsque l’envie nous prend, nous apprécions de pouvoir le faire. Ce ne sont pas des équipements indispensables, mais ce sont des équipements appréciables. Bon, le fait d’avoir une grande maison est, bien sûr, aidante, car nous ne sommes pas plus encombrés par 2 épluche-légumes que par un seul (et éplucher les légumes en amoureux, ça n’a pas de prix 😉 )

 

Néanmoins, il y a de très bonnes choses dans cette démarche. Je suis persuadée que nous nous sentons dépendants d’objets dont nous n’avons pas réellement l’utilité. En prendre conscience est un vrai pas. Chaque acte d’achat doit rester un choix et non une obligation inconsciente, même si la frontière est mince. D’autre part, l’intérêt écologique est évident [ la surproduction participe à l’épuisement des ressources naturelles de la Terre. Moins d’achat = moins de production (et moins d’emplois également, d’où l’importance de trouver un autre modèle économique que la production de masse). ]

Enfin, cette démarche met l’accent sur les moments partagés en famille. Une balade au grand air vaut mieux qu’une sortie dans un centre commercial ; une visite au zoo restera plus facilement dans la mémoire d’un enfant qu’une énième peluche. Je suis 100% d’accord avec cela, à la différence que je ne les mets pas en balance : on peut apprécier d’aller choisir une tenue dans un centre commercial pour la rentrée pour son enfant puis, le lendemain, aller donner à manger aux canards. Avoir des placards pleins d’objets divers n’empêche pas de profiter de la nature sur son temps libre.

Ce que j’aime dans cette démarche, c’est que je ne me sens pas obligée de la suivre. C’est un peu comme décider de vivre à la ville ou à la campagne, de pratiquer le tennis ou la course à pieds : c’est un choix personnel et c’est non discutable.

Je ne suis pas minimaliste, je ne suis pas maximaliste, je suis pour une consommation raisonnée, dont les limites sont différentes pour chacun, et c’est très bien comme cela.

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3 réflexions sur “Le jour où j’ai décidé que je ne serai pas minimaliste

  1. Interessant débat, j’ai un article sur le feu (lundi prochain je crois) qui parle aussi du minimalisme…enfin indirectement puisque je commence par les exploser façon puzzle 😉
    Le fait est qu’en minimalisme comme en éducation bienveillante il y a des principes et leur application. Pour ma part, je suis sur le chemin du minimalisme depuis un an. 3 enfants et une maison qui explose, cela donne à réfléchir….
    Je pense que, réellement, il faut avoir une réflexion sur ce que l’on achète. La société actuelle pousse beaucoup vers l’avoir en occultant l’importance de l’être.
    Bref, merci pour cet article qui pousse à la réflexion.

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    1. Oui, je suis tout à fait d’accord avec toi ! C’est une démarche très intéressante. L’idée de l’article m’est venue suite à notre discussion avec le 3eme compère du trio 😉 j’ ai hâte de lire ton article !

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      1. Oui, je me souviens qu’on en a parlé ensemble y’a pas si longtemps, elle est peut être aussi à l’origine de mon article…. j’avais oublié du reste.
        Pour tout te dire, j’avais commencé cet article y’a plus d’un mois, mais je ne l’ai reprit que la semaine dernière !
        (d’ici a ce qu’elle en fasse un elle aussi LOL)

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